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jeudi 11 septembre 2014

Les mains invisibles avec les pêcheurs de l'Ile d'Yeu

Le projet pour l'Ile d'Yeu s'articule autour de la filière pêche et de ses acteurs. Ce projet est porté par la Mairie de l'Ile d'Yeu, la Drac des Pays de la Loire et l'atelier de La Saulaie, il a fait l'objet d'une exposition collective intitulée "10 Autour" visible jusqu'au 30 septembre 2014, à l'Ancienne Poste ainsi qu'à différents points de l'Ile.
Une première immersion sur l'Ile m'a permis d'embarquer sur deux bateaux de pêche, d'observer le travail du tri et de la vente à la criée, puis de rencontrer trois élèves de l'école de pêche et deux enseignants. Ces rencontres se sont faites par le biais du dessin, puisqu'un grand dessin a été réalisé à bord des bateaux et à la criée. Plusieurs objets artistiques sont co-réalisés avec les pêcheurs et apprentis-pêcheurs, mettant en jeu et associant des gestes & postures de travail. 

Plusieurs productions découlent de ces échanges :

Une série de plateaux de signalisation de filet associants des pavillons sérigraphiés et des fontes en aluminium jouant le rôle de contrepoids. Ils sont construits avec les marins et utilisés à bord des bateaux pendant la durée de l'exposition (un objet témoin a été présenté à l'Ancienne Poste).












Résidence artistique au Bénin


Le projet artistique développé au Bénin combine la conception d’un objet artistique et d’actions de médiation. Il se déroule du 1er septembre au 15 décembre 2014. Ce projet de résidence mobile et participative prend place dans trois villes : à Cotonou, du 1er septembre au 15 octobre ; à Porto-Novo, du 15 octobre au 15 novembre ; à Abomey, du 15 novembre au 15 décembre. Il a reçu le soutien financier des partenaires suivants : Ville de Nantes, Institut Français de Paris, Nantes Métropole, Conseil Général de Loire-Atlantique, Région des Pays de la Loire. Un immense merci pour ce soutien précieux.


Tout d'abord, le projet « Les mains invisibles » vise la constitution d’une collection de gestes de travail, matérialisée par des objets et dessins. Ces objets poétiques s’intègrent dans un ensemble de plateformes polymorphes, intitulées « Unité Mobile d'Exploration ». Ces structures rassemblent et combinent des contextes de travail et des logiques économiques différentes. Elles témoignent par leur aspect de leur caractère mobile puisque le projet se déroule en région Pays-de-la-Loire avant de se déplacer au Bénin. Il s’implante auprès de plusieurs entreprises, Centres de Formation à l’Apprentissage, métiers informels, travailleurs et artisans de la rue. La déambulation des Unités Mobiles d’Exploration donnera ainsi tout son sens au projet.

Dans le cadre du projet "Un art du geste", plusieurs actions culturelles à caractère innovant sont menées au sein de centres d'art, bibliothèques et établissements scolaires. Ces actions contribuent à une sensibilisation à la création contemporaine, notamment autour du champ de la performance. Un coffret pédagogique est utilisé pour présenter différentes pratiques de la performance auprès de différents publics (habitants, jeune public, adolescents, femmes, élèves, ouvriers). Dans le cadre des déplacements de cette mallette pédagogique, une recherche sera menée sur la pratique du vodun dans la culture béninoise.

dimanche 7 septembre 2014

Présentation Julien Laforge & Margaux Brun


Julien Laforge, artiste diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris développe une pratique singulière, attachée à l’expérimentation de territoires. Il complète sa formation par un CAP d’ébéniste à l’Ecole Boulle, qui lui permet d’appuyer sa pratique par l’acquisition d’une connaissance du matériau bois et de ses logiques de construction. Plusieurs voyages et rencontres avec des territoires particuliers (Echange avec la Krivia School of Architecture à Bombay, Installation aux Quartiers d’Orange à Bamako au Mali, Diplôme de Maîtrise d’œuvre urbaine, au sein des ateliers de Cergy-Pontoise, voyage de recherche au Sénégal, au Gabon et aux Iles Shetland) ont engendré une approche singulière de la sculpture et de l’installation souvent portée par un questionnement de la notion de paysage.



Margaux Brun s’attache à questionner la place et le rôle de la création contemporaine au cœur de territoires éloignés de l’offre culturelle. Elle participe au développement et à la sensibilisation des publics à l’art notamment dans des espaces spécifiques (maison d’arrêt, hôpital). Depuis 2009, elle crée des espaces sensibles, de découvertes et de partages autour de la création contemporaine. Favoriser la rencontre des publics et de l’art est au cœur de sa démarche réflexive.


Leurs parcours individuels et leurs expériences en font un duo de travail efficace et engagé dans leur pratique. Une observation d’un territoire et de ses occupants se révèle en écho dans plusieurs des œuvres de Julien Laforge et deviennent les moteurs d’une démarche de transmission de savoir et de partage dans l’ensemble des actions de médiation menées par Margaux Brun. Tous deux offrent un regard sensible et engagé sur notre société contemporaine.

mardi 29 avril 2014

Unités Mobiles d'Exploration






Premières Unités Mobiles d'Exploration destinées à contenir des objets co-réalisés avec des salariés.

Objets et dessins présentés dans le cadre de l'exposition "Sur place/A emporter" en novembre 2013 à l'Atelier Alain Lebras, Nantes.

lundi 28 avril 2014

Projet de création participative France-Bénin

Ce projet se relie aujourd'hui à un ensemble d'expériences effectuées au contact de différents milieux professionnels, en pointant en particulier les formes et les gestes qui conduisent à la production d'une richesse. Cette amorce devient, dans les interventions parmi des travailleurs, qu'ils soient agriculteurs, bouchers, pêcheurs ou artisans de la matière, un moyen de remettre en question la technicité et l'action de l'homme sur le paysage tout en proposant de nouvelles possibilités combinatoires.
Je cherche aujourd'hui à poursuivre cette démarche à travers différentes rencontres au sein de milieux professionnels. C'est par une immersion dans ces activités quotidiennes que je souhaite pousser cette recherche et atteindre la réalisation concrète d'une compilation de formes sculpturales, mettant en jeu et associant des gestes capturés. A travers ce vaste projet, se trame une volonté de désordonner et de réordonner librement, en dehors de toute logique pré-établie, afin d'explorer le potentiel de signification du monde que nous habitons et transformons à mesure qu'il nous fabrique.

Le projet rassemblera deux volets et s'implantera sur plusieurs territoires mettant en relation des partenaires multiples :
Un premier volet en Pays-de-la-Loire concernera les milieux professionnels et de formation des secteurs primaires et secondaires en particulier les centres de formation à l'apprentissage ainsi que leurs entreprises partenaires.
Un second temps se déroulera au Bénin superposant ainsi un contexte territorial radicalement différent mais qui permettra de révéler des axes fondamentaux parmi lesquels la question de la transmission et l'échange de savoirs.

En substance, je rassemblerai des objets réalisés par des travailleurs, selon un protocole précis, révélant ainsi des matériaux et des gestes de leur quotidien détournés de leur fonction première. Une structure nomade portera et fédérera les objets récoltés issus de contextes et de métiers différents. Je réaliserai cet objet de manière à ce qu'il puisse voyager et être présenté en France et au Bénin. Il sera donc déplaçable et évoluera physiquement en allant à la rencontre des intervenants, se modifiant dans son contenu comme dans sa forme, prenant la dénomination d'Unité Mobile d'Exploration. C'est à travers ces différences de contexte que des alliances inédites pourront voir le jour entre les gestes des ouvriers français et ceux des ouvriers béninois. Les objets réalisés, de part leur aspect et leur ordonnancement au sein de l'Unité Mobile, pointeront des questions fondamentales liées aux temps de travail, aux différents moyens de production, à l'énergie ainsi qu'à la notion de finalité dans le processus de fabrication. Il s'agit, à mon sens, d'un moyen d'outrepasser les différences économiques pour se concentrer sur une quintessence : l'exploration du monde et la chorégraphie de ses acteurs.

En m'intéressant à la place et au rôle de l'ouvrier(ère) dans une structure économique, il m'importe d'engager la recherche autour de l'objet et du geste comme une entité primaire, source essentielle de tout mouvement économique. Le titre du projet emprunte l'expression de l'économiste Adam Smith utilisée pour évoquer l'idée que des actions guidées uniquement par l'intérêt personnel de chacun peuvent contribuer à la richesse  et au bien-être de tous. Cependant l'optimisme de cette idée semble en contradiction avec les multiples interprétations auxquelles elle se prête comme l'image d'une main invisible conduisant les actions des individus innocents. Ce terme, en combinant des questionnements socio-économiques, éthiques ou théologiques, parfois contradictoires me semble en adéquation avec les enjeux du projet tel qu'il est amené à se dérouler, par traversées successives, de l'entreprise à l'école, du maître à l'élève, d'une logique productiviste à une production poétique, de l'Europe à l'Afrique.